Roger CAUBISENS
né le 17 janvier 1946






Je suis né le 17 Janvier de l'an de grâce 1946 à Soissons (02) (là où le vase a été cassé), ai été baptisé le 10 juin suivant, à pas six mois, (on ne perdait pas de temps à cette époque, des fois qu'on ait envie de changer d'avis!). Puis école maternelle; mat sup et école primaire à Paris; de la Sixième à la fin du premier trimestre de Seconde au Prytanée Militaire de la Flêche (72), ( Extraordinaire et Inoubliable Ecole!!), du second trimestre de Seconde à la Première M prime chez Jean-Marie (Institution Foch) où le noyau dur des amis - Jean-Pierre, Jean-Pierrot, Christian et Patrick - s'est formé pour perdurer depuis 44 années à l'heure d'aujourd'hui. Sciences Ex au Lycée LYAUTEY, puis rupture de mon sursis pour aller au Service dans les 12ème et 71ème Régiment de Génie ( je dois à mon passage par l'école militaire d'avoir pu choisir dans quelle arme je souhaitais effectuer mes obligations militaires). Je ne l'ai pas regretté car ces seize mois ont été très intéressants (d'abord pour étudier davantage l'anglais en donnant même des cours à des jeunes militaires de carrière, ensuite pour participer avec deux autres sursitaires à un programme d'alphabétisation de trois jeunes de 20 ans - bergers de montagne de leur état - qui ne savaient, pour ainsi dire, ni lire ni écrire, mais d'une intelligence vive et pétrie de bon sens ( le fameux bon sens paysan, sans doute ) et que nous avons emmenés 12 mois plus tard une bonne maîtrise de la lecture et de l'écriture. Et enfin ( parce que c'est le propre de l'arme GENIE ) d'approcher un peu la construction des bâtiments, les engins de travaux et la sécurité incendie, ce qui, bien des années après, m' a permis de mieux appréhender certains problèmes liés à la gestion d'établissements recevant du public, comme quoi toute expérience est bonne à vivre. Un stage de 4 mois au 39ème Régiment d'infanterie m'a également permis d'apprendre le morse (qui n'est plus utilisé aujourd'hui) et les transmissions en "campagne"...pas mal non plus.Ces apprentissages (et le fait que le Commandant chef d'Etat major de la caserne était un ancien du Prytanée ) m'ont conduit à occuper la place de chef du Central téléphonique de la caserne (plus de dortoir collectif mais une chambre de sous officier pour deux dans la pièce même du Central qui fonctionnait jour et nuit, c'est pour cette raison que nous étions deux.
Plus de corvées, plus de gardes dehors, mais une plus grande tolérance des officiers de service ( lorsqu'on passait la porte pour aller en perme ), sur la coupe de cheveux, notamment. Cette tolérance était la modeste contrepartie des services que mon copain du Central et moi rendions à ces officiers lorsqu'on leur passait des communications au dehors en faisant croire qu'ils étaient dans leur bureau!! Il me reste de cela la connaissance de l'alphabet international toujours en vigueur celui-ci dans toutes les armées et l'aviation civile et militaire . Vous savez : Alpha, Bravo, Charlie, Delta, Echo, Fox-Trot etc....comme le chantait feu Mort Schumann : allo ici Papa Tango Charlie .......dans le triangle des Bermudes... De retour à Casablanca, inscription à la Berlitz school ( pour parfaire l'anglais dans lequel j'avais quelques dispositions ) en section "Proficiency in commercial english". A vaincre sans réel péril on triomphe sans gloire, j'en sors diplômé de la Chambre de Commerce britannique. Le hasard des choses - lors d'un Cocktail donné par cette même Chambre de Commerce et la Chambre de Commerce américaine dans les salons de l'Hôtel EL MANSOUR - me fait rencontrer le Directeur général et actionnaire majoritaire de cet hôtel prestigieux. Il me propose, après s'être assuré que je savais aligner quatre mots correctement dans la langue de Shakespeare, de travailler à la réception de son Hôtel. Voyant que j'avais là une occasion de mettre en pratique l'anglais et même l'italien que j'avais appris à l'école (au Prytanée) et aussi de rencontrer les "grands de ce monde", j'acceptais et commençais trois jours après.... Experience unique durant près de cinq années où j'ai appris mieux que dans la meilleure des écoles hôtelières ce monde fascinant de la grande hôtellerie de luxe ! Emirs, rois, princes, ducs, comtes, barons, stars de la chanson, du cinéma, magnats du pétrole, Pdg de multinationales, parvenus, escrocs de haut vol, gigolos, putes de luxe (notamment celles appelées pudiquement "call girls" de chez la célèbre Madame CLAUDE ) qui venaient en jets privés pour tenir compagnie à ceux auxquels on voulait faire signer un contrat où desquels on attendait une faveur ou un passe-droit. J'ai pu voir le monde du "grand pognon" où les millions de dollars changent de mains comme des prospectus (nous envoyions de la Réception des telex dans le monde entier pour le compte de nos clients). Pas étonnant, n'est-ce-pas, que je me sois pris de passion pour ce job hôtelier. Dans ce temple qu'était l'EL MANSOUR à l'époque, j'ai pu me familiariser avec le bar, le room service, le coffee shop, le restaurant, les buffets en tous genres et bien sûr la Réception, la Caisse, le Change, le Telex ( on était loin de l'E-mail ) les mains courantes mécanographiques pour <mce:script type=">olor: #000000;">l'établissement des notes , la Conciergerie avec toutes les réservations possibles (voyages, taxis, théatre...etc ). Bref, tout ce que l'on peut découvrir dans un Palace quand on est (ce que j'étais à l'époque ) un goinfre d'apprendre et de maîtriser les choses, qui ne se soucie aucunement du temps que cela prend car tout ce qui n'était finalement pas le travail de la Réception devait être vécu et assimilé en dehors, donc en sus, de l'emploi du temps. Sentant que mon contrat ne serait peut-être pas renouvelé pour cause de marocanisation en 1973 ( c'était la marotte des Autorités à ce moment là ), j'ai préféré démissionner et rentrer au pays, en Mai. Entre-temps, j'avais rapatrié ma Mère et ma Soeur Nicole à Castelnau-le-lez où mon Père, qui aurait 100 ans aujourd'hui, avait acheté un appartement. Si mon Père n'était pas décédé en février 1971, mon destin aurait probablement été autre car fin 1970, j'avais pris des contacts pour aller travailler aux Bahamas et de là voyager dans tous les pays qui me tentaient. Le brusque et inattendu départ de mon Père m'a dissuadé de concrétiser ce projet me retrouvant "chargé de famille " avec une Mère anéantie de chagrin et une jeune Soeur de 15 ans et demi.
A suivre dans les prochaines heures